École et voyage : le casse-tête des familles nomades
À chaque rentrée, son lot de démarches administratives. Mais lorsque l’on vit sur un bateau et que l’on voyage pendant plusieurs années, les questions liées à la scolarisation prennent une dimension un peu particulière.
Une organisation qui fonctionnait
Lors de nos précédents grands voyages avec les enfants, qui duraient généralement de trois à six mois, nous avions trouvé un fonctionnement simple avec leur école. En général, nous partions pendant le deuxième trimestre scolaire et les enfants réintégraient leur classe au troisième trimestre. Cela permettait aux enseignants de vérifier leur niveau avant leur passage dans la classe supérieure.
Lorsque nous avons quitté les Açores, en juin dernier, pour ce voyage qui doit durer trois ans, nous avons choisi une autre solution. Notre fille Gaïa a été inscrite pour toute son année de sixième dans le cadre de ce que l’on appelle « l’école à domicile ».
Nous avons constitué un dossier auprès du gouvernement des Açores, qui nous a accordé cette autorisation. L’administration nous a même fourni un ordinateur ainsi qu’un accès aux manuels scolaires en ligne.
Pendant toute l’année, Gaïa a ainsi pu suivre sa scolarité à distance, depuis notre bateau. Il n’était pas prévu qu’elle passe des examens réguliers permettant aux professeurs d’évaluer son niveau. Nous pensions donc, assez naturellement, que cette organisation pourrait être reconduite l’année suivante.
Quand l’administration change les règles
Mais, il y a deux semaines, nous avons reçu un courrier du conseil exécutif de son ancienne école nous annonçant que son inscription à l’école à domicile ne pourrait pas être renouvelée sans sa présence physique aux Açores pour passer des examens de fin d’année.
Le problème, c’est que nous sommes actuellement au Panama, où nous avons prévu de rester pendant toute la saison des cyclones, et que notre voyage doit encore durer deux ans. Il n’est pas question, pour nous, de prendre l’avion pour retourner à Flores uniquement afin de passer ces examens.
Nous devons donc trouver une autre solution.
Bien sûr, rien ne nous empêcherait, dans la pratique, de continuer à acheter les manuels scolaires portugais et de poursuivre son apprentissage comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Mais légalement, puisque nous sommes domiciliés aux Açores, nous avons l’obligation de prouver que notre fille est bien scolarisée.
Deux solutions pour continuer l’école
Deux possibilités s’offrent désormais à nous.
La première consiste à l’inscrire dans une école physique, ici, au Panama, pendant notre séjour. Nous pourrions alors transmettre son certificat de scolarité au conseil exécutif de son ancienne école.
À notre connaissance, lorsqu’un enfant est inscrit dans une école d’un pays dont ses parents ne sont pas résidents, les établissements acceptent généralement de délivrer un certificat de scolarité. En revanche, lorsque la famille quitte ensuite le pays pour poursuivre son voyage, les services administratifs locaux ne demandent pas systématiquement de justificatif concernant la suite de la scolarité. N’étant pas résidents permanents, nous ne sommes pas rattachés au système social du pays de la même manière qu’une famille installée sur place.
C’est d’ailleurs l’une des solutions souvent utilisées par les familles voyageuses : inscrire temporairement leurs enfants dans une école locale afin de respecter les obligations administratives de leur pays d’origine, tout en poursuivant leur itinérance.
La seconde option serait de trouver une école internationale entièrement en ligne. Nous savons que de nombreuses familles nomades fonctionnent déjà ainsi. Là encore, l’objectif serait de pouvoir fournir un certificat officiel attestant sa scolarisation.
S’adapter, comme toujours
Cette nouvelle contrainte représente une complication supplémentaire dans notre voyage. Mais, comme souvent dans la vie nomade, il s’agit surtout de s’adapter, de chercher des solutions et d’avancer pas à pas.
L’important, au fond, est que chacun y trouve son compte : respecter les règles du pays auquel nous sommes rattachés, poursuivre notre aventure familiale et permettre à Gaïa d’apprendre sereinement, où qu’elle se trouve dans le monde.