Comment font-elles?
Tout au long de mes voyages, j'ai rencontré des sociétés dans lesquelles les personnes âgées s'assoient encore par terre, se lèvent sans difficulté et conservent une mobilité naturelle jusqu'à un âge avancé. Pas de sport. Pas de yoga. Pas de rééducation. C'est grâce à elles que j'ai compris comment nos corps fonctionnent vraiment.
Une autre façon d'habiter le corps
Le corps n'est pas fragile. Il est adaptable. Il se transforme constamment en fonction de ce que nous lui demandons – ou de ce que nous ne lui demandons pas.
La douleur, l'arthrose et la perte de mobilité ne sont pas des décès liés à l'âge. La plupart du temps, elles sont la conséquence d'une réduction progressive des amplitudes articulaires, liée à nos habitudes de vie.
Le corps fonctionne par économie
Le corps va toujours vers l’économie d’énergie.
Ce qui n’est plus utilisé n’est plus entretenu.
Ce qui n’est plus sollicité finit par disparaître.
Lorsqu’une articulation ne parcourt plus certaines amplitudes,
le corps s’adapte à cette absence de demande :
les muscles raccourcissent,
les tissus perdent leur élasticité,
les compensations apparaissent,
puis viennent les douleurs, les blocages, l’arthrose.
Si rien n'est fait, les articulations se détériorent, parfois au point qu'une intervention chirurgicale devient inévitable.
Ce processus peut être évité, ou du moins considérablement retardé.
La permaculture du corps
Ma démarche s’appuie sur une idée simple, inspirée de la permaculture :
Pour rester en bonne santé,
il ne s’agit pas de faire plus,
mais de préserver l’essentiel.
Appliquée au corps, cela signifie :
connaître les amplitudes articulaires minimales nécessaires à l’équilibre,
les entretenir régulièrement,
sans rechercher la performance,
sans devenir contorsionniste ou “faire du cirque”.
Il existe, pour chaque articulation,
des amplitudes suffisantes pour permettre :
une posture équilibrée,
une répartition équitable des contraintes,
un vieillissement fonctionnel.
Mon travail consiste à identifier ces amplitudes,
à expliquer pourquoi elles disparaissent,
et à montrer comment les réintégrer simplement dans le quotidien.
Le corps répond toujours à la demande
Le corps n'a rien oublié. Il ne répond qu'aux demandes qui lui sont imposées. Lorsqu'on sollicite à nouveau de l'amplitude, progressivement, régulièrement et sans douleur, le corps s'adapte :
il recrée de la longueur musculaire,
il réorganise les tissus,
il retrouve de la mobilité.
À condition de ne pas forcer.
À condition de respecter le rythme du vivant.
Le Diktat de la chaise
Nos modes de vie modernes ont profondément modifié la façon dont nous utilisons notre corps. La chaise est devenue centrale :
au travail
à la maison
dans le vieillissement.
En restant assis aussi longtemps, on arrête d'utiliser des postures fondamentales : s'accroupir, s'asseoir par terre, se lever du sol. Lorsque ces gestes disparaissent :
les hanches perdent leur mobilité
les lombaires deviennent douloureuses,
la peur du mouvement s'installe,
un cercle vicieux se crée.
Ne plus aller au sol n’est pas un choix. C’est la plupart du temps une conséquence.
Et si rien n’est fait, le corps finit par ne plus savoir y retourner.
Ce que j'ai observé ailleurs
Au fil de mes voyages,
j’ai rencontré des sociétés
où des femmes âgées s’assoient encore au sol,
se relèvent sans difficulté,
et conservent une mobilité naturelle jusqu’à un âge avancé.
Pas de sport.
Pas de yoga.
Pas de rééducation.
Juste une continuité d’usage du corps.
Ces observations ont profondément nourri ma démarche :
ce n’est pas l’âge qui rigidifie,
c’est la disparition progressive de certaines postures.
Ce que je propose
À travers des livres, des conférences et des programmes,
je propose :
de comprendre pourquoi le corps se rigidifie,
de réintroduire des demandes simples et adaptées,
de réintroduire des demandes simples et adaptées,
d’intégrer le mouvement dans une hygiène de vie, pas dans une performance.
Chaque outil a sa place :
les livres pour le sens,
les bonus pour la compréhension,
les programmes pour l’intégration,
les conférences pour la transmission.
Une vision à long terme
Dans mes rêves les plus fous, il y aura aussi :
un livre consacré à la réintégration naturelle des postures au sol,
sans pratique formelle,
sans yoga,
simplement par la vie quotidienne ;une transformation du monde du travail,
avec des espaces et du mobilier multipostures,
offrant de vraies alternatives à la position assise,
debout ou allongée.
Parce que le corps n’a pas besoin d’être forcé. Il faut qu'il soit autorisé à bouger.
Il ne s’agit pas de combattre le corps. Il s’agit de lui redonner ce dont il a besoin pour fonctionner.
Comprendre son corps, c’est commencer à en prendre soin.